Il existe des parents qui donnent tellement qu’ils finissent par s’effacer. Des parents qui portent, qui anticipent, qui rassurent, qui organisent, qui apaisent. Des parents qui pensent à tout, tout le temps, jusqu’à ne plus savoir ce qu’ils aiment, ce qu’ils veulent, ce dont ils ont besoin. Ils ne s’oublient pas par manque de volonté ou par faiblesse, mais parce qu’ils ont appris, souvent très tôt, que leur valeur se mesurait à ce qu’ils apportent aux autres. Et dans la parentalité, cette tendance s’amplifie. On se perd dans les besoins des enfants, dans les urgences du quotidien, dans les attentes invisibles, dans la charge mentale et émotionnelle. On se dit que ce n’est pas grave, que ce n’est qu’une phase, que c’est normal. On se met entre parenthèses en attendant un moment qui ne vient jamais.
Si tu te reconnais dans ces lignes, tu n’es pas seul. Tu n’es pas en échec. Tu n’es pas “mauvais en self‑care”. Tu es un parent qui s’est oublié… parce que tu as trop aimé, trop donné, trop porté. Et il est temps de revenir à toi.
Comment on s’oublie sans s’en rendre compte
On ne s’oublie pas d’un coup. On s’oublie par petites touches, par micro‑renoncements, par ajustements successifs. On commence par dire “ce n’est pas grave” quand on est fatigué, puis “je ferai ça plus tard” quand on a besoin d’un moment pour soi, puis “ce n’est pas important” quand un désir personnel pointe le bout de son nez. On finit par ne plus savoir ce qui nous fait du bien, par ne plus entendre nos propres signaux internes, par fonctionner en automatique.
Un jour, on se surprend à répondre “je ne sais pas” quand quelqu’un demande ce qui nous ferait plaisir. On réalise qu’on n’a plus de passions, plus d’envies, plus d’espace intérieur. On se sent vidé sans comprendre pourquoi. On se sent indispensable… et prisonnier de ce rôle. On se rend compte qu’on existe surtout à travers les besoins des autres.
Ce n’est pas un manque d’organisation. Ce n’est pas un défaut de caractère. C’est un mécanisme de survie.
Pourquoi les parents sensibles s’oublient encore plus facilement
Les parents sensibles, empathiques, attentifs, sont les plus à risque. Parce qu’ils ressentent tout. Parce qu’ils perçoivent les besoins avant qu’ils soient exprimés. Parce qu’ils veulent éviter la souffrance, les conflits, les tensions. Parce qu’ils ont un cœur immense.
Ils donnent, encore et encore, jusqu’à s’épuiser. Ils portent les émotions de la maison. Ils absorbent les tensions. Ils deviennent le pilier, le régulateur, le repère. Mais un pilier qui ne se repose jamais finit par se fissurer.
Et souvent, personne ne voit ces fissures. Parce que tu tiens. Parce que tu assures. Parce que tu continues. Parce que tu ne veux pas déranger. Mais à l’intérieur, tu t’éloignes de toi.
Les signes que tu t’es oublié en chemin
S’oublier devient tellement habituel qu’on ne le remarque plus. On s’habitue à vivre en mode survie, à se mettre de côté, à ne plus exister pleinement. On se sent fatigué même après avoir dormi. On ressent une tristesse diffuse, sans raison apparente. On a l’impression de fonctionner en automatique, de traverser les journées sans vraiment les vivre. On ne sait plus ce qui nous fait vibrer. On ne sait plus ce qu’on aime. On ne sait plus ce qu’on veut. On se sent indispensable, mais profondément seul. On se surprend à rêver d’un espace où l’on pourrait enfin respirer.
Ce n’est pas un caprice. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est le résultat d’années à se mettre en dernier.
Recommencer à exister sans culpabiliser
Revenir à soi n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Et ce retour ne se fait pas en un grand geste spectaculaire. Il commence par des micro‑gestes, des micro‑choix, des micro‑permissions.
Revenir à soi, c’est d’abord reconnaître que tu t’es perdu. C’est accepter que tu as besoin d’espace, de douceur, de respiration. C’est te rappeler que tu es une personne, pas seulement un parent. C’est apprendre à écouter ton corps, tes émotions, tes limites. C’est réapprendre à dire “j’ai besoin”. C’est accepter que tu n’es pas responsable de tout. C’est comprendre que prendre soin de toi ne retire rien à tes enfants. Au contraire, cela leur offre un parent plus vivant, plus aligné, plus présent.
Et parfois, ce chemin demande d’être accompagné. Parce qu’on ne sait plus par où commencer. Parce qu’on a oublié comment se choisir. Parce qu’on a besoin d’un espace où déposer ce qu’on porte depuis trop longtemps. C’est exactement ce que j’offre : un espace doux, humain, sécurisant, où tu peux te retrouver sans jugement.
Tu as le droit d’exister. Tu as le droit d’être toi.
S’oublier n’est pas un échec. C’est un signal. Un appel intérieur. Une invitation à revenir à toi. Tu n’as pas à continuer comme ça. Tu n’as pas à t’effacer pour être un bon parent. Tu n’as pas à porter seul ce que tu portes depuis trop longtemps.
Tu as le droit d’exister. Le droit de respirer. Le droit de te choisir. Et si tu veux être accompagné dans ce retour à toi, je suis là — avec douceur, clarté et humanité.